Antoine Griezmann et les Bleus sous le voile de Momo, gardien secret
Dans les couloirs feutrés du centre d’entraînement de l’équipe de France, l’ombre de Mohamed Sanhadji plane depuis vingt ans, surnommé « Momo » ou « La République » par les Bleus. Ce garde du corps historique, plus qu’un simple protecteur, était le dépositaire des secrets du vestiaire.
Le rôle de gardien des confidences
Sanhadji n’était pas seulement un garde du corps ; il était le gardien suprême des secrets de l’équipe de France. Pendant deux décennies, il a accompagné les joueurs et le staff, gagnant la confiance de chacun. Son influence s’est traduite par une proximité intime qui a suscité l’intérêt de la justice.
Cette proximité a donné lieu à des agissements répréhensibles, selon les enquêteurs. Les autorités examinent comment le lien étroit a pu être exploité au sein du groupe. Le dossier souligne que les faits restent à établir devant la justice.
Sanhadji multipliait les messages personnalisés pour se présenter comme le favori de chaque cadre. Il écrivait à Antoine Griezmann, alors joueur de l’Atlético de Madrid, « Tu es ma plus belle rencontre dans le foot », phrase qu’il a reproduite auprès de Zinedine Zidane, Thierry Henry et Olivier Giroud. Ces mots servaient à renforcer son emprise sur le vestiaire.
Le drame du brassard
L’enquête de L’Équipe révèle un échange décisif avec Alain Griezmann, le père d’Antoine. Au printemps 2023, lorsque Didier Deschamps a confié le brassard à Kylian Mbappé, Alain a informé « Momo » du désarroi de son fils. Antoine n’a jamais digéré cette décision, que son père a déclaré comme pouvant précipiter la fin de sa carrière internationale.
Sanhadji a réagi avec un soutien inconditionnel, déclarant « J’en suis malade, on lui doit tout ! C’est le plus grand joueur que j’ai connu en 25 ans ». Cette déclaration met en lumière la blessure profonde ressentie par Antoine Griezmann, longtemps sous‑entendue. Le joueur avait déjà exprimé publiquement que plusieurs jours lui avaient fallu pour accepter ce qu’il percevait comme une injustice.
Didier Deschamps, quant à lui, a toujours justifié son choix comme stratégique et générationnel. Il a affirmé que Kylian Mbappé « réunit toutes les cases » pour être capitaine, tout en reconnaissant Antoine comme un « maillon essentiel » et vice‑capitaine. Interrogé sur l’influence de Sanhadji, il a catégoriquement déclaré : « Mohamed Sanhadji n’a pas d’influence sur moi ».
Au final, l’enquête de L’Équipe éclaire les mécanismes relationnels qui ont pu affecter la cohésion des Bleus. Elle souligne l’importance de séparer les fonctions de sécurité des décisions sportives. Le dossier reste ouvert, laissant entrevoir des répercussions possibles sur la gouvernance de l’équipe de France.