Bordeaux combat l'exclusion, Girondins saisissent tribunal administratif
Face à l'exclusion des championnats nationaux français, les Girondins de Bordeaux déposeront un référé devant le tribunal administratif lundi, alors que le futur président Dominique Delport promet de contester la décision du CNOSF qui découle du déficit financier non résolu de dix millions d'euros du club.
Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a confirmé vendredi que les Girondins de Bordeaux resteront exclus des championnats nationaux, invoquant des difficultés financières non résolues. Le club, qui s’attendait à reprendre en National 1, le quatrième niveau, fait désormais face à une possible relégation en Régional 1, la sixième division. Cette décision fait suite à l’incapacité du club à satisfaire aux exigences financières du DNCG.
La Fédération Française de Football (FFF) a ensuite pris note de la proposition de conciliation du CNOSF et a exhorté Bordeaux à respecter la décision contestée, réaffirmant l’évaluation du DNCG sur les finances du club. En première instance comme en appel, la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) a sanctionné les Girondins pour ne pas avoir fourni les dix millions d’euros nécessaires à la clôture de l’exercice 2025‑2026 et au financement du budget 2026‑2027 ainsi que du plan de continuité. L’épisode a dominé les gros titres du football français.
Bataille juridique et recours administratif
Lundi, le futur président Dominique Delport a annoncé que les Girondins déposeront un référé devant le tribunal administratif, demandant une suspension immédiate de l’exclusion. « Ce n’est pas une question de saison blanche », a déclaré Delport à Sud Ouest, ajoutant que le club utilisera toutes les voies juridiques pour renverser la décision. Il espère que le tribunal suspendra la décision et déclenchera un réexamen par le DNCG.
Sauvetage financier et engagements des investisseurs
Le club a été vendu à la fin juillet par l’ancien propriétaire Gérard Lopez au fonds d’investissement britannique Sparta Capital et à son partenaire Park Bench LLC pour un euro symbolique. Sparta Capital a depuis rassemblé les fonds promis, permettant aux nouveaux propriétaires de présenter un package financier aux autorités.
Delport a révélé que le nouveau consortium a mis sur la table environ vingt millions d’euros, dont dix millions bloqués en séquestre et dix millions supplémentaires destinés à garantir la visibilité du club sur plusieurs saisons. Les investisseurs se sont également engagés à honorer le plan de continuité du tribunal de commerce et à régler les dettes envers quatre cents créanciers.
Dix clubs du National 1 ont publié une déclaration commune critiquant les manœuvres juridiques répétées des Girondins, soutenant que le CNOSF ne devrait pas prendre en compte de nouveaux éléments au-delà de ceux déjà soumis au DNCG. Ils ont souligné que les fonds de garantie n’avaient pas été versés avant la date limite du CNOSF.
Si l’exigence de dix millions d’euros du DNCG n’est pas satisfaite, une liquidation judiciaire pourrait être engagée, mettant potentiellement fin à plus d’un siècle d’histoire des Girondins. La bataille juridique et financière imminente détermine donc si Bordeaux pourra préserver son héritage ou faire face à la dissolution.