Bordeaux : le staff perçoit des commissions sur Koundé et Tchouaméni

Le modèle économique des Girondins de Bordeaux, placé sous pavillon américain, reposait sur un « trading project » qui attribuait au staff une commission de 1 % sur chaque plus‑value réalisée lors de la vente de joueurs, comme les transferts de Jules Koundé à Séville pour 23 millions d’euros et d’Aurélien Tchouaméni à l’AS Monaco pour 18 millions d’euros.
Un modèle économique basé sur le trading
Le modèle économique des Girondins de Bordeaux sous pavillon américain ne reposait pas sur le développement du football local ou la fidélisation d’une communauté de supporters, mais sur un projet spéculatif baptisé « trading project ». L’objectif affiché des repreneurs était d’acheter des éléments à fort potentiel ou de puiser dans le vivier du centre de formation pour les revendre à prix fort sur le marché européen. Derrière cette mécanique de plus‑value se cachait un système contractuel rémunérateur pour les têtes pensantes du secteur sportif, adossé au départ des meilleurs espoirs du club. Au cœur de ce dispositif figuraient l’entraîneur portugais Paulo Sousa, le directeur technique Souleymane Cissé et le recruteur en chef Eduardo Macia.
Dès leur engagement en Gironde, les trois hommes obtiennent dans leurs contrats un intéressement de 1 % sur la plus‑value nette réalisée lors de chaque vente de joueur sous leur mandat. Cette disposition polémique rappelle les mécanismes de la tierce propriété (TPO) prohibée par la FIFA depuis 2015. Lorsque la Ligue de football professionnel a retoqué la version initiale du contrat de Sousa, la direction américaine a requalifié ces pourcentages en « primes exceptionnelles de performance ».
Le dispositif financier de GACP consistait à fixer une valeur d’acquisition forfaitaire et arbitraire d’un million d’euros pour chaque jeune issu du centre de formation de Haillan, afin de calculer la plus‑value sur des joueurs n’ayant coûté aucune indemnité de transfert. Ainsi, dès qu’un joueur était cédé pour une somme supérieure, la commission du staff technique pouvait se déclencher.
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Les commissions tirées des ventes de Koundé et Tchouaméni
Durant l’été 2019, le défenseur central Jules Koundé a été transféré au Séville FC pour 23 millions d’euros. Six mois plus tard, au cœur de l’hiver, le milieu Aurélien Tchouaméni a rejoint l’AS Monaco pour 18 millions d’euros. Sur ces deux opérations, les clauses négociées par le technicien et ses collaborateurs auraient rapporté des sommes importantes à leurs bénéficiaires.
Cet intéressement sur les départs a déséquilibré la gestion sportive du club. Plutôt que de construire un projet sur la durée en s’appuyant sur l’une des meilleures pépinières de jeunes talents de France, les dirigeants ont préféré monétiser rapidement leurs actifs les plus prometteurs. En l’espace de deux mercatos, l’ossature défensive et le cœur du milieu de terrain des Girondins ont été sacrifiés à la rentabilité immédiate.
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Cette logique de revente, favorisée par le contrat, a laissé une équipe privée de ses leaders techniques, précipitant le déclin sportif qui a conduit Bordeaux à la relégation en Ligue 2 puis à la cessation de paiements. Alors que Koundé et Tchouaméni brillaient sous les projecteurs des plus grands clubs européens et de l’équipe de France, les supporters bordelais découvraient l’envers d’un système qui aurait privilégié l’enrichissement de ses gestionnaires plutôt que l’avenir du club.