Comment la complicité avec Zidane a sculpté la légende d’Inzaghi
Alors que Zinédine Zidane s’apprête à défier l’Italie sur le banc de l’équipe de France, vingt ans après la finale de Berlin qui avait clôturé sa carrière de joueur, les souvenirs de son duo avec Filippo Inzaghi à la Juventus refont surface avec émotion.
Entre 1997 et 2001, le maestro français et le buteur italien ont partagé 137 rencontres au sein de la Juve, près de dix mille minutes de jeu et treize passes décisives du numéro dix tricolore vers le renard des surfaces piémontais. Cette alchimie a fait d’eux l’un des tandems les plus redoutables du football européen.
Débuts à Turin en 1997
Leur histoire commune débute le 23 août 1997 à Turin, lors de la Supercoupe d’Italie remportée contre Vicence grâce à un doublé et une passe décisive de Pippo, déjà servi par la vision de Zizou. Le match s’est déroulé au Stadio delle Alpi, théâtre de leurs premiers éclats.
Nuit magique à Kiev 1998
Parmi leurs grands moments, la nuit du printemps 1998 en Ukraine reste emblématique. Après un premier match à Turin (1‑1), la Juve triomphe 4‑1 à Kiev, Inzaghi inscrivant un triplé propulsé par deux services millimétrés de son compère. « Sur l’ouverture du score, Zidane me dépose le ballon devant la cage comme lui seul savait le faire », rappelle le buteur.
Zinédine Zidane revit la finale de la Coupe du monde à Berlin
Ces cinq années passées à la Juventus ont profondément marqué Zidane, qui a souvent affirmé que Turin était l’endroit où il était devenu un joueur majeur. Le 17 juin 2001, la dernière rencontre face à l’Atalanta marque la fin de leur collaboration, avant qu’Inzaghi ne rejoigne l’AC Milan et que Zidane ne prenne la direction du Real Madrid.
Pour Inzaghi, l’intelligence de situation et le calme naturel de son ancien coéquipier expliquent en grande partie la conversion triomphale de Zidane en entraîneur. « Quand on possède une telle lecture tactique, une forte personnalité et cette science pour sentir les bascules d’un match, ces vertus se transposent logiquement sur le banc », souligne le striker.
Vingt‑cinq ans après leur séparation sportive, le souvenir des caviars de Zinédine demeure intact dans l’esprit d’Inzaghi, rappelant que les grands créateurs transcendent tous ceux qui les entourent.