Deschamps confronté aux révélations sur le passé trouble de Mohamed Sanhadji
Dans les couloirs du centre d’entraînement, l’atmosphère est lourde : les anciens du staff français se retrouvent confrontés à des accusations qui remontent à plusieurs années, portant sur Mohamed Sanhadji, ancien responsable de la sécurité des Bleus. Les révélations ont déclenché un malaise profond parmi ceux qui ont travaillé sous la direction de Didier Deschamps.
Des soupçons déjà présents
Plusieurs anciens membres de l’encadrement affirment que le comportement de Sanhadji suscitait déjà de sérieux doutes. « On lui avait mis un stop direct », déclare à L’Équipe l’agent d’un ancien cadre ayant œuvré sous les ordres de Didier Deschamps, rappelant qu’on l’avait vu arriver « avec son cinéma » et qu’on l’avait immédiatement écarté.
L’agent précise que les demandes financières de Sanhadji n’étaient pas une surprise totale : « On en rigolait déjà entre nous. Mais demander de l’argent, depuis cette position, tu ne peux pas. »
Réactions d’anciens dirigeants
Raymond Domenech, ancien sélectionneur international, partage un avis comparable. Il reconnaît que des demandes ponctuelles de dépannage existent dans le football, mais souligne que la fonction de Sanhadji était particulière : « Quand tu es flic, tu ne peux pas faire ça ! Tu es policier, tu as une fonction officielle, une vocation, avec des obligations. »
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Domenech ajoute que de nombreuses personnes connaissaient déjà les agissements de celui que les Bleus surnommaient « Momo », renforçant le sentiment de trahison au sein de l’ancien staff.
D’autres membres du staff se déclarent « choqués » et même « trahis », affirmant avoir découvert des faits qui ne correspondaient pas à la version qui leur avait été présentée. Malgré la gravité des accusations, certains espèrent que Sanhadji pourra se défendre et que la procédure clarifiera les responsabilités.
Le 16 septembre, l’ancien commandant de police a été mis en examen pour corruption, trafic d’influence et escroquerie. Il demeure présumé innocent, mais son contrôle judiciaire l’interdit de tout contact avec les joueurs et les membres actuels ou passés de l’encadrement des Bleus.
Cette affaire prend d’autant plus d’ampleur que Sanhadji occupait depuis longtemps une place centrale dans le quotidien de la sélection, notamment en matière de sécurité et de gestion du groupe. Le fossé entre ceux qui affirmaient comprendre son fonctionnement depuis longtemps et ceux qui lui accordaient leur confiance révèle aujourd’hui un malaise particulièrement profond autour des Bleus.