Guerre froide à la fédération belge alors que le président et le PDG cessent de parler
À l'intérieur du siège de la fédération belge de football à Tubize, un affrontement silencieux s'est installé entre le président Pascale Van Damme et le directeur général Peter Willems, qui, selon le personnel, ne se sont pas parlé depuis des mois. La tension, désormais une préoccupation pour le Raad, est apparue lors d'une conférence de presse le 7 septembre, où tous deux ont évité le regard de l'autre.
Façade publique versus friction privée
Lors de la conférence, les deux sont apparus côte à côte, pourtant Van Damme était vêtu tout en blanc tandis que Willems portait un simple pull gris et une chemise. Officiellement, ils devaient défendre la position de la fédération contre le président de la FIFA Gianni Infantino, qui s'était assis à côté de Van Damme lors du match des huitièmes de finale de la Coupe du Monde entre les États‑Unis et la Belgique. Les observateurs ont noté qu'avant, pendant et après la conférence, le duo n'a jamais croisé le regard.
Les membres du personnel ont ensuite chuchoté « Dat » en décrivant l’atmosphère, et une note circulait qui commençait par « Aan de Raad van Bestuur ». Le président, désigné en néerlandais sous le terme « Voorzitter », aurait été informé que les deux dirigeants « praten al maanden niet meer met elkaar ». Cette nette division non verbale est devenue le sujet de spéculations quotidiennes au sein de l'organisation.
Confrontation du conseil et le projet Fenix
Le jeudi 10 septembre, le Raad van Bestuur se réunira pour aborder une série de problèmes, le principal étant la plateforme numérique Fenix en suspens. Lancé il y a près de dix ans, le projet était destiné à devenir le centre du football belge mais reste inachevé, en partie parce qu'il a été externalisé à des programmeurs en Inde.
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Willems est blâmé pour avoir maintenu l'ancien responsable informatique en place trop longtemps, une décision qui a engendré des coûts supplémentaires et retardé le lancement. De plus, la fédération fait face à plusieurs dossiers d'indemnisation s'élevant à plusieurs centaines de milliers d'euros.
Willems rétorque que la fédération a considérablement réduit ses coûts et bénéficie désormais de ses plus hauts revenus commerciaux jamais enregistrés. Il souligne que l'organisation a commencé son mandat avec une perte de 12 millions d’euros et devrait terminer avec un modeste bénéfice de 8 millions d’euros, un revirement obtenu grâce à des réductions de personnel et à une budgétisation plus stricte.
Van Damme, cependant, a reçu des retours négatifs tant de la FIFA que de l'UEFA concernant sa performance. Elle a décrit la critique comme une violation personnelle de la confiance et a profité du moment pour faire avancer son agenda, insistant pour que le conseil agisse de manière décisive.
Une session spéciale du conseil a été convoquée pour décider de l’avenir de Willems, mais le résultat reste incertain. Le conflit interne met en lumière la façon dont les désaccords personnels peuvent se répercuter sur la gouvernance de la fédération belge de football, pouvant affecter ses projets stratégiques et sa réputation internationale.