Jean-Pierre Papin révèle la cicatrice d’un match décisif

Le 17 novembre 1993, le Parc des Princes vibre sous les projecteurs alors que la France accueille la bande de Hristo Stoichkov. La nuit est glaciale, les supporters des Bleus chantent, mais l’enjeu dépasse le simple match : une place pour la World Cup 94 se joue.
Le souvenir du match France‑Bulgarie
Quand il regarde dans le rétro, Jean-Pierre Papin voit ses buts et ses trophées, mais une énorme ombre vient systématiquement noircir le tableau. Le plus gros regret de sa carrière tient en seulement deux mots : « France‑Bulgarie ». Il ne précise pas l’année, tout le monde s’en souvient.
Quatre jours après avoir laissé passer contre Israël (2‑3) une belle occasion de se qualifier, les Tricolores ont une seconde chance. Le 17 novembre, les Bleus reçoivent Hristo Stoichkov au Parc des Princes, sous les yeux de toute la nation.
Les mots qui hantent Papin
Eric Cantona ouvre le score à la 32ᵉ minute, mais le train bleu déraille cinq minutes plus tard lorsque Emil Kostadinov égalise à la 37ᵉ. Un contre‑attaque éclair, suite à un centre mal dosé de David Ginola que Gérard Houllier qualifiera de « crime contre l’équipe », permet à Stoichkov de signer un doublé à la 90ᵉ minute, écrasant les Bleus.
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Le rêve américain s’envole. Trois décennies plus tard, « JPP » raconte encore ce soir‑défenestré. Dans un documentaire diffusé par L’Équipe le 19 octobre, il confie : « Ça reste une cicatrice qui n’est pas fermée. Je pense qu’elle ne se fermera jamais. »
« Quand il te manque un peu de jugeote à la dernière seconde… », lance-t-il. « Pourquoi ? Parce qu’à un moment, il faut des très mauvais souvenirs. Celui‑là, il a été insupportable. Tous les autres, je suis arrivé à les gommer. Celui‑là, je n’y suis pas arrivé. »
Il ajoute que tout ce qui s’est passé après 1998 était bien, mais que « nous aurions pu aller très loin ». Il regrette le manque de jugeote qui a coûté ce point crucial.
Pierre, son prénom, résonne encore chaque fois que l’on évoque ce soir‑fait. Le souvenir de ce match continue de hanter le football français, rappelant que même les plus grands peuvent porter une blessure indélébile.