L’enquête judiciaire secoue le cadre de Didier Deschamps et le FC Nantes
Alors que le FC Nantes endure un début de saison difficile, trois mois après sa relégation en Ligue 2, un cadre de Didier Deschamps se retrouve mis en examen, au cœur d’une affaire judiciaire qui secoue le club et implique l’ancien international des Bleus Moussa Sissoko.
Enquête de Jérémy Mouchette
Le juge d’instruction rennais Jérémy Mouchette dirige l’enquête qui porte sur un réseau présumé d’exercice illégal de la profession d’agent sportif, d’abus de biens sociaux et de blanchiment en bande organisée. Les investigations s’étendent aux opérations financières du FC Nantes depuis plusieurs années. Les autorités suspectent que les montages utilisés lors de transferts ont violé le Code du sport.
Selon les informations de L’Équipe, les transferts d’Emiliano Sala, Guillaume Gillet, Alban Lafont et Lucas Evangelista auraient été réalisés en totale contradiction avec les règles sportives. La justice y voit un exercice illégal d’agent ainsi que des actes de blanchiment d’argent.
Implication de Moussa Sissoko
C’est dans ce cadre hautement sensible qu’apparaît le nom de Moussa Sissoko, ancien international français à soixante‑et‑une sélections, directement mis en examen pour usage de faux en écriture publique. Aujourd’hui âgé de trente‑sept ans et sous contrat avec le Panathinaïkos, le milieu de terrain a joué à Nantes de 2022 à 2024. La procédure s’intéresse à sa relation étroite avec Bakari Sanogo, son oncle et agent historique.
Son conseil, Me Carole‑Olivia Montenot, a déclaré : « Ce grief n’aurait aucun rapport direct avec le marché des transferts ou le football professionnel en tant que tel ». L’avocate précise qu’il s’agit d’un litige administratif lié à la rédaction de documents justificatifs d’un transfert de fonds privé entre le joueur et son oncle.
Responsables et accusations
Le FC Nantes aurait versé huit virgule deux millions d’euros à Bakari Sanogo, paiement effectué via l’agent Joaquim Batica, qui serait le prête‑nom du oncle. Entre 2015 et 2021, ces versements auraient été réalisés par l’intermédiaire de Batica. Les enquêteurs pensent que certaines primes exceptionnelles accordées aux joueurs servaient à rémunérer clandestinement Sanogo.
Outre Sissoko, plusieurs acteurs sont mis en examen : le club en tant que personne morale, le directeur général Franck Kita, Bakari Sanogo, sa compagne Sylvie B et Joaquim Batica. Les qualifications retenues comprennent exercice illégal d’agent sportif, faux et usage de faux, abus de biens sociaux, blanchiment de fraude fiscale aggravée et blanchiment en bande organisée.
Cette affaire, qui touche à la fois la direction du FC Nantes et un cadre historique des Bleus, risque de ternir la réputation du football français et d’alimenter les débats sur la transparence des transferts.