Le geste de Kylian Mbappé à Ceuta embrase la droite
Deux jours après que Kylian Mbappé, star du Real Madrid, a refusé d’enfiler entièrement un t-shirt de soutien à la population de Ceuta et a affiché le message « Nous sommes tous des maquereaux » aux côtés de Vinicius Junior et d’Ibrahima Konaté avant le match de Liga de mardi soir, la polémique s’est intensifiée, alimentée par la droite espagnole et française.
Solidarité affichée par Mbappé
Mbappé a expliqué à l’hebdomadaire sportif AS qu’il voulait « être pleinement solidaire de Ceuta et de toutes les victimes », tout en rappelant son désir d’adresser une pensée aux migrants décédés ou vivant dans la détresse. Il a souligné que le geste visait à rappeler les souffrances des migrants, au même titre que les habitants de l’enclave.
Le geste a été capturé en vidéo, diffusé sur les réseaux sociaux, puis a atteint les couloirs du Parlement à Madrid, où il a été dénoncé comme inacceptable par plusieurs parlementaires.
Réactions de la droite espagnole et française
Dans l’hémicycle, la porte‑parole du Parti populaire a déclaré ressentir « une profonde honte », tandis qu’un député de Vox a affirmé que les Espagnols étaient « tout à fait libres de se sentir indignés envers trois millionnaires qui vivent en Espagne et qui ensuite ne soutiennent pas les Espagnols ». Ces propos ont été relayés par les médias nationaux.
En France, le député Julien Odoul, porte‑parole du Rassemblement national, a qualifié le geste de « comportement de petite racaille » sur la chaîne CNews, rappelant que le RN, mené par Marine Le Pen, s’était déjà opposé à Mbappé sur d’autres sujets. L’eurodéputée Marion Maréchal a ajouté : « Pourquoi se sentent‑ils solidaires de toutes les souffrances du monde mais jamais de celles des Européens ? ».
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Contexte migratoire à Ceuta
Depuis la fin juillet, des dizaines de milliers de migrants venus du Maroc ont franché la frontière de Ceuta, provoquant une crise inédite, des dizaines de morts en mer et le rapatriement rapide de la majorité vers le Maroc, tandis que plusieurs milliers demeurent dans l’enclave, alimentant les tensions avec les habitants.
Des soldats espagnols surveillent le retour des migrants, et des manifestations anti‑immigration, comme le slogan « Ceuta ne se vend pas, Ceuta se défend ! », ont été scandées par plusieurs centaines de supporters avant le match contre l’Inter Milan (2‑1). Le groupe ultras « Ultras Sur », interdit du stade Santiago Bernabéu et lié à l’extrême droite, a exigé des excuses publiques aux trois joueurs.
Le Real Madrid, interrogé par l’Agence AFP, a choisi de ne pas commenter l’affaire. Le Premier ministre Pedro Sánchez a pris la parole le 3 septembre 2026 devant les députés pour évoquer la crise à Ceuta, alors que l’immigration devient l’un des thèmes majeurs des élections législatives espagnoles à venir.
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Cette controverse montre comment chaque geste d’une star mondiale du football, même motivé par une intention humanitaire, peut être détourné et devenir le foyer d’une bataille idéologique entre la droite espagnole, la droite française et les mouvements d’extrême droite, tout en soulignant la vigilance permanente qui entoure les faits et gestes de Kylian Mbappé.