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Le huis clos jugé injuste lors du duel Standard‑Charleroi
Ce dimanche, le Standard affrontera Charleroi en Jupiler Pro League dans un stade vide, la rencontre étant jouée à huis clos, cinquième de ce type pour le Standard en dix dernières années et quatrième depuis la fin de la période Covid.
Analyse criminologique du huis clos
Michaël Dantinne, professeur de criminologie à l'Université de Liège, estime que le huis clos ne résout en rien les violences dans les stades. « D'abord, il n'y a pas de peine miracle », affirme-t-il. Il ajoute que la sanction punit l'ensemble des supporters pour les agissements d'une poignée d'individus, ce qui la rend injuste et inefficace. Enfin, il souligne le manque à gagner important pour les clubs. Frédéric Bleus, porte-parole du Standard, confirme que la rencontre se déroulera dans un stade vide.
Selon Dantinne, l'hypothèse d'une délinquance rationnelle – l'idée que les fauteurs de troubles s'abstiendraient de commettre des actes pour éviter un huis clos futur – ne tient pas. « Cela ne marche pas comme ça », précise-t-il. Il rappelle que les faits de violence ne diminuent pas, au contraire, malgré la multiplication des matchs à huis clos.
Historique des matchs à huis clos du Standard
Le Standard disputera son cinquième match à huis clos en dix années, tous hors période Covid. C’est le quatrième depuis 2022, année marquant la fin de la pandémie. Quatre de ces rencontres ont été imposées après des incidents lors de trois affrontements wallons en 2015, 2021 et le 23 mai, à la clôture des Europe Playoffs.
Bruges fait exploser les valeurs, Standard progresse, Charleroi stagne
Charleroi a déjà connu le huis clos à deux reprises. Le club a joué sans supporters contre l'OH Louvain le 29 juillet 2023. Il s'apprête à en connaître un autre contre La Louvière le 1 novembre prochain. Ce second huis clos confirme la tendance à recourir à cette mesure pour le club.
Responsabilité juridique des clubs
Michaël Dantinne qualifie la responsabilité objective des clubs de fiction juridique. Il explique qu'un club ne peut pas prouver le contraire des actes de ses supporters, même s'il a pris toutes les mesures de précaution. Le comité disciplinaire s'appuie sur le règlement, et certains dirigeants du Standard souhaitent une révision de ces règles. La Pro League, en tant qu'instance organisatrice, participe également aux discussions sur la modification du règlement.
Une concertation a été lancée par le ministère de l'Intérieur avec la fédération des groupes de supporters, notamment les ultras, dans le cadre de la loi‑football. Le but était de rechercher une solution, mais les suites restent incertaines. Tous les clubs n'ont pas le même capital supporters, ce qui complique l'application uniforme des sanctions. Dantinne avertit que forcer un changement pourrait entraîner des conflits dangereux.
Standard et Charleroi confrontés à une interdiction judiciaire qui inquiète l'Union belge
Le débat sur l'efficacité du huis clos se poursuit, et aucune modification réglementaire n'est encore annoncée. Les clubs, la Pro League et l'Union belge restent les principaux acteurs de toute évolution future.