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Le rêve brisé du « nouveau Michel Platini » d’Anthony Le Tallec
Dans les tribunes d’Anfield, Anthony Le Tallec, alors âgé de vingt‑deux ans, vivait la soirée la plus mémorable de son passage à Liverpool, avant que le « nouveau Michel Platini » ne voie son rêve s’évanouir, jamais sélectionné par les Bleus.
Contrairement à son compère Florent Sinama‑Pongolle, qui a reçu un premier appel en équipe de France en 2008, Le Tallec n’a jamais porté le maillot des Bleus au cours de sa carrière. Sinama‑Pongolle a ainsi inscrit quatre buts en vingt‑six matches de Premier League, tandis que Le Tallec a vu son potentiel rester inexploré au niveau international.
Jeunesse prometteuse au Havre
Les deux prodiges issus du centre de formation du Havre ont brillé avec les équipes de France jeunes, finalistes de l’Euro U16 en 2011 et champions du monde U17 la même année. Leur performance a attiré l’attention du football anglais dès leurs dix‑huit ans.
À dix‑huit ans, ils ont rejoint Liverpool sur l’initiative de Gérard Houllier, alors entraîneur français du club. L’année suivante, en 2004, Houllier a été remplacé par Rafael Benítez, qui a dirigé Le Tallec durant la saison suivante.
Durant leur deuxième saison, les deux attaquants ont servi de doublures à Milan Baros, Djibril Cissé et Harry Kewell. Florent Sinama‑Pongolle a enchaîné quelques matches de Premier League, totalisant quatre buts en vingt‑six rencontres.
Le quart de finale de Ligue des champions
Le Tallec, présenté comme le « nouveau Michel Platini » par la presse britannique, a été titularisé en quart de finale aller de la Ligue des champions contre la Juventus. Il a délivré la passe décisive du deuxième but, magnifiquement conclu par Luis Garcia, après l’ouverture de Sami Hyypiä.
Il était sur le banc lors de la demi‑finale contre Manchester City, mais n’a pas été retenu dans le groupe de la finale contre l’AC Milan, comme son ami Sinama‑Pongolle. Il a ainsi assisté au « miracle d’Istanbul », où Steven Gerrard et ses coéquipiers ont remporté le titre aux tirs au but.
« Cela reste une grande fierté. Bien sûr, j’ai été très déçu que le coach (Rafael Benítez) ne me retienne pas. Surtout quand j’ai vu Kewell, avec qui j’étais en concurrence, se blesser au bout de vingt minutes. J’ai eu les boules », a déclaré Le Tallec dans Le Parisien.Après son passage à Liverpool, il a connu des prêts infructueux à Sunderland et Sochaux, avant de rejoindre Le Mans sous la direction de Rudi Garcia à vingt‑trois ans. Des saisons écourtées par des blessures à l’AJ Auxerre (2010‑2013) et à Valenciennes (2012‑2015) ont suivi, avant des passages en Grèce, en Roumanie et la clôture de sa carrière à Orléans en 2019.