Lens subit une débâcle et Cahuzac refuse de partir

Certaines défaites affaiblissent un entraîneur, d’autres changent brutalement la nature d’un mandat. Mercredi, le RC Lens a perdu 9‑1 contre Côme au stade Bollaert, son plus lourd revers européen. Cette pire déconvenue française n’a pas incité le technicien Yannick Cahuzac à démissionner.
Défaite historique et crise
La déroute d’une violence inouïe a plongé le club artésien dans un état de crise aiguë. Elle a placé Yannick Cahuzac face à une tempête sans précédent.
« C’est mal me connaître si on pense que je vais abandonner. Bien au contraire, j’ai du caractère », avait-il déclaré à chaud après le naufrage. Vendredi, deux jours avant le duel contre l’Olympique de Marseille, le technicien de 41 ans a tenu une conférence de presse où il a reconnu ses erreurs tactiques et émotionnelles. « Quand j’analyse le match, il y a deux facteurs où on a été défaillants : l’aspect tactique et émotionnel… », a-t-il expliqué. En Ligue des champions, le Racing affiche trois revers cinglants contre le Sporting (0‑2), Bruges (0‑3) et Côme (1‑9), soit quatorze buts encaissés en trois soirées.
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Promu à la mi‑septembre, Cahuzac voit son crédit s’éroder rapidement, forçant l’état‑major et les cadres du vestiaire à intervenir. La direction a réuni l’ensemble du groupe pour une explication musclée après les tensions apparues le lendemain de la déroute. Le défenseur Jonathan Gradit, présent aux côtés du coach, a décrit le traumatisme vécu, évoquant honte, frustration et énervement. Il a ajouté que la direction les a réunis pour dire les vérités et a pointé des manquements d’attitude lors du match.
Gradit, 33 ans, a souligné la responsabilité partagée et a mentionné Flo (Thauvin) comme acteur à impliquer pour corriger certaines mauvaises attitudes. Dimanche soir à 20h45, le RC Lens accueillera l’Olympique de Marseille dans une ambiance qui promet d’être électrique. Les supporters préparent des actions pour protester, qualifiant la défaite de « tache indélébile », et redoutent qu’une nouvelle contre‑performance ne plonge le club dans une turbulence incontrôlable. La direction avait pourtant installé Cahuzac dans la durée, affirmant qu’il n’existait aucune notion d’intérim, choix soutenu par Jean‑Louis Leca pour renouer avec les valeurs du Racing.
Rompre ce contrat moins de deux mois après sa signature reviendrait à désavouer le directeur sportif. Après l’humiliation de neuf buts concédés à domicile, la marge de manœuvre s’est réduite à néant. Face à l’OM, Cahuzac et ses hommes joueront leur survie morale avant la trêve internationale.