Ligue 1
Ligue : l’ex‑international Jérémy Mathieu troque le foot contre le SMIC
Dans les allées d’un magasin Intersport de la banlieue toulousaine, Jérémy Mathieu, ancien latéral du Barça aux côtés de Lionel Messi, range les ballons de football. Retiré des terrains depuis 2020 après son passage au Sporting Lisbonne, il gagne aujourd’hui un peu plus que le Smic, loin des projecteurs de la Ligue.
Une carrière au sommet
Durant dix‑huit années, le Français a totalisé plus de quatre cents apparitions en Ligue 1 et en compétitions européennes.
L’ancien Toulousain a également brillé en Ligue 1 avant son départ à l’étranger.
Il a débuté à Toulouse, où il a été repéré avant de rejoindre le Sporting Lisbonne, puis le FC Barcelone, où il a évolué aux côtés de Lionel Messi.
Son palmarès comprend également des sélections chez les Espoirs et les A’, témoignant d’un statut d’international.
Du terrain au rayon football
Après avoir raccroché les crampons en 2003, il a d’abord tenté une reconversion en tant qu’entraîneur de jeunes, sans succès.
« Lorsque j’ai arrêté, je n’avais pas trop envie de continuer dans le foot. Je n’avais pas de diplôme et il faut bien se reconvertir », a‑t‑il déclaré au Progrès.
Il a expliqué que la plupart des jeunes ne rêvent que d’argent, soulignant un changement de mentalité dans le milieu.
Depuis l’an dernier, il occupe le poste de chef de rayon football chez Intersport, chargé de la mise en rayon dès le petit matin.
« Je suis devenu comme des millions d’autres français, je gagne un peu plus que le Smic », a‑t‑il affirmé en expliquant sa situation salariale.
Il précise qu’il ne perçoit qu’un salaire légèrement supérieur au minimum interprofessionnel de croissance.
Christophe Deguerville, ancien latéral ayant disputé plus de quatre cents matches entre Saint‑Étienne, Lyon et Bastia, partage le même destin.
Après des passages en équipe de France Espoirs et A’, il travaille aujourd’hui dans un supermarché.
« Après tout, je n’ai fait que taper dans un ballon. Ça reste mon point de vue », a‑t‑il commenté, rejetant toute notion de déclassement.
En 2020, avant d’intégrer le commerce de détail, il a exercé comme saisonnier dans les vergers, cueillant des fruits pour subvenir à ses besoins.
« J’ai besoin de gagner ma vie », a‑t‑il répété, soulignant la nécessité d’un revenu stable.
« J’ai besoin de m’occuper et de gagner ma vie », a‑t‑il ajouté, rappelant son passage dans l’agriculture.
Ces témoignages illustrent la réalité de nombreux anciens footballeurs qui, malgré des carrières prestigieuses, doivent se réinventer pour joindre les deux bouts.
« La plupart ne rêvent que de gagner de l’argent. Ils n’ont pas la passion du jeu. Et puis les parents poussent derrière, sûrs que leur enfant va leur rapporter des millions. Je ne sais pas si c’est triste. C’est juste le monde qui change », a‑t‑il conclu.