FEMMES FEMMES
Ligue scindée à l'Olympique de Marseille : austérité, femmes prospèrent
À l'Olympique de Marseille, la section masculine reste inactive cet été, bloquée par les sanctions de l'UEFA et de la DNCG, tandis que les Marseillaises avancent avec 14 départs et 13 arrivées. Le contraste de la Ligue met en évidence un club partagé entre austérité et croissance.
Section masculine sous les sanctions de l'UEFA et de la DNCG
L'Olympique de Marseille masculin a reçu une amende de 10 millions d’euros de l'UEFA et une interdiction d'un an de compétition européenne, suspendue jusqu'à la mi-juin. Dix jours plus tard, la DNCG a imposé un régime strict de plafond salarial et d'indemnités de transfert, contraignant le club à un été d'austérité. La frénésie estivale habituelle à la Commanderie s'est plutôt déplacée vers le OM Campus, où la section féminine est active.
Luc Arrondel, économiste du sport au CNRS, a noté que les comptes 2024‑2025 affichent un déficit de plus de 100 millions d’euros, et que les déficits cumulatifs depuis l'arrivée de Frank McCourt s’élèvent à 575 millions d’euros. Bien que le solde des transferts soit neutre, la masse salariale représente 80 % des dépenses 2025‑2026. La DNCG vise à limiter les dépenses totales à 70 % des recettes, reflétant les règles du fair‑play financier 2.0 de l'UEFA.
Section féminine prospère malgré les contraintes de la section masculine
Si le club doit vendre des joueurs pour enregistrer de nouvelles arrivées, comme l’a déclaré Grégory Lorenzi avant la défaite amicale 1‑2 contre l'Atlético Madrid, les Marseillaises sont occupées. Le marché estival a déménagé de la Commanderie au Campus, enregistrant 14 départs et 13 arrivées, plus l'embauche de Nicolas Chabot, ancien entraîneur de Nantes et entraîneur de l'année de la LFFP 2025‑2026.
Cette activité fait suite à la victoire féminine 1‑0 sur Lens le 25 avril, qui a assuré leur place en première division. Sur les 18 joueuses convoquées pour le déplacement à Artois, seules huit restent, pourtant l’effectif a déjà vu les salaires dépasser 10 000 € brut par mois, comparé à un sommet de la saison précédente de 6 000 €.
Avec un plan de développement sur cinq ans, Stefano Petruzzo, directeur des Marseillaises, souligne la synergie avec la section masculine. Le budget de l’équipe féminine oscille entre 4 millions d’euros et 5 millions d’euros, bien inférieur aux 240 millions d’euros prévus pour la section masculine, mais le club vise à devenir une référence du football féminin français.
Les investissements sont décrits comme cohérents et alignés avec la stratégie globale de l'Olympique de Marseille. Pour l’avenir du club, les deux sections doivent concilier rigueur économique et ambition sportive, transformant des finances divergentes en succès partagé.