Luis Fernandez porte le destin du Paris Saint-Germain vers la gloire
Né à Tarifa, en Espagne, et installé très jeune en France, Luis Fernandez s’est imposé comme milieu défensif infatigable du Paris Saint-Germain, dont il était le capitaine lorsque le club remporta son premier titre de champion de France en 1986, avant d’inscrire le penalty décisif contre le Brésil le 21 juin 1986.
Capitaine d’un PSG qui décroche son premier titre de champion de France en 1986, il devient également très vite indispensable en équipe de France.
Le Carré Magique et l’Euro 1984
Aux côtés de Michel Platini, Alain Giresse et Jean Tigana, il forme le célèbre Carré Magique du milieu tricolore, clé de voûte du sacre à l’Euro 1984. Cette unité a permis à la France de remporter son premier grand trophée international, consolidant la place de Fernandez parmi les grands du football français.
Une reconversion réussie sur le banc
Plus tard, reconverti sur le banc, c’est encore lui qui guidera le Paris Saint-Germain vers le sommet européen en remportant la Coupe des Coupes (C2) en 1996, un exploit historique pour le club de la capitale.
Le penalty qui a changé l’histoire
Le 21 juin 1986, lors du quart de finale de la Coupe du monde au Mexique face au Brésil, le score était de 1-1 à l’issue de la prolongation. Après les échecs de Socrates et de Michel Platini lors de la séance des tirs au but, le destin de l’équipe de France repose sur les épaules de Fernandez, qui, chaussé de chaussettes baissées, frappe d’une droite croisée le gardien brésilien Carlos et envoie les Bleus en demi‑finale, déclenchant la tirade mythique du commentateur Thierry Roland : « Allez mon p’tit bonhomme !… Ouiiii ! »
« Quand je m’avance vers le point de penalty, je ne pense à rien d’autre qu’à pousser ce ballon au fond. Je vois la cage, je vois le gardien, mais je ressens surtout toute la force du groupe derrière moi. Ce n’était pas seulement mon tir, c’était celui de toute une génération qui voulait aller au bout », a déclaré Luis Fernandez.
« Luis, c’était le courage incarné. Quand il est allé frapper ce dernier tir au but, on savait tous qu’il avait les épaules. Il avait cette hargne et cette confiance en lui qui transportaient l’équipe. Ce jour‑là, il est entré définitivement dans la légende du football français », a rappelé Joël Bats.
« Luis apportait cette fougue, cette hargne et cette insouciance qui faisaient du bien à l’équipe », a expliqué Alain Giresse. « Dans un match d’une telle intensité dramatique, il fallait un tempérament comme le sien pour aller frapper le dernier tir au but. Il n’a pas douté une seconde. »
Philippe Bergeroo a précisé : « La veille de la rencontre, nous avions fait une séance d’entraînement à huis clos. J’ai repéré une caméra cachée dans les tribunes, supposée appartenir aux Brésiliens. J’ai signalé cela à Luis, qui m’a alors proposé de tirer des penalties à gauche. Il a tiré cinq fois à gauche, et le lendemain, le gardien brésilien s’est jeté complètement à gauche, ce qui a permis à Luis de prendre le tir à contrepied et de faire gagner la France. »
Depuis, Luis Fernandez revient souvent avec humilité et ferveur sur ce moment qui a changé sa vie, rappelant que le succès était le fruit d’un effort collectif et d’une préparation minutieuse.