Malgré 300 000 Turcs en Belgique, aucune trace turque chez les Diables
Dans les gradins du stade du Roi Baudouin, les supporters belges brandissent leurs drapeaux, mais aucune bannière turque ne se distingue. Malgré une diaspora d’environ 300 000 personnes d’origine turque en Belgique, aucune n’a jamais revêtu le maillot des Diables rouges, selon les données de la fédération.
Une diaspora turque importante mais aucune sélection
La communauté turque représente environ trois pour cent de la population belge, soit près de 300 000 individus. Pourtant, aucun de ces Belges d’origine turque n’a été appelé en équipe senior des Diables rouges, ce qui surprend compte tenu de la taille du groupe. Les Sports en Belgique ne montrent aucune représentation turque au niveau national.
Diversité des origines chez les Diables
Romain Van der Pluym, spécialiste d’Anderlecht, souligne que les Diables rouges comptent de nombreux joueurs issus de diverses origines. Le football belge reflète cette diversité d’origines. Romelu Lukaku, Dodi Lukébakio, Roméo Lavia et Nathan Ngoy sont tous d’origine congolaise. Matias Fernandez-Pardo, quant à lui, a été influencé par la nationalité espagnole de son père.
Malick Fofana et Mandela Keita auraient pu choisir la Guinée, Loïs Openda le Maroc, tandis que Jérémy Doku possède des racines ghanéennes et Diego Moreira le Portugal. Koni De Winter détient la nationalité française grâce à sa mère.
Absence historique de joueurs turcs
Contrairement aux joueurs d’origine italienne, comme Enzo Scifo qui a porté le maillot belge, aucun footballeur d’origine turque n’a jamais intégré les Diables rouges. Cette lacune persiste malgré la présence de la communauté turque depuis plusieurs générations. Une nation manque historiquement à l’appel : la Turquie.
Position de la fédération belge
La Fédération belge a déclaré n’avoir eu que peu de dossiers liés à la Turquie et ne saurait expliquer ce manque. « Nous avons eu peu de cas à gérer liés à la Turquie, c’est vrai. Mais le pourquoi, on n’en sait rien », a affirmé un porte‑parole.
Elle précise que le processus de sélection est long, fastidieux et ne vise que les joueurs répondant aux critères de qualité définis par l’UB, tant chez les jeunes que chez les A.
Le seul espoir turc chez les jeunes
À l’heure actuelle, le seul joueur d’origine turque présent dans les catégories de formation des Diables rouges est Efe Karaaslan, né en 2010 et évoluant au club OHL. Ce nombre reste très limité comparé aux jeunes talents pouvant choisir le Maroc ou la RDC.
Hypothèses sur le manque
Certains avancent que les joueurs turcs mettent plus de temps à atteindre la maturité physique requise. D’autres évoquent le choix de clubs, les jeunes talents turcs rejoignant rapidement la Süper Lig, parfois dans de grands clubs, ce qui ne correspond pas toujours à leur potentiel.
L’exemple de Cihan Çanak illustre ce phénomène : formé au Standard, il a quitté la Belgique à dix‑neuf ans pour Trabzonspor, a peiné à s’imposer et, après avoir joué jusqu’en U20 pour la Belgique, a finalement opté pour la Turquie.
Autres cas de double nationalité
Sinan Bolat et Önder Turaci, tous deux nés en Belgique et titulaires de la nationalité turque, auraient pu intégrer les Diables rouges, mais ont préféré la Turquie. Önder Turaci, né à Liège, en est un exemple notable.
« Je n’ai jamais été confronté au dossier d’un joueur qu’on devait convaincre de jouer pour la Belgique et non la Turquie », se souvient Benoît Thans, directeur technique en 2012, rappelant le cas de Zakaria Bakkali, alors prometteur au PSV.