JEUNES
Standard mise sur jeunes recrues pour combler le vide générationnel
Alors que le Standard peine à faire émerger ses jeunes en équipe première, le club mise désormais sur des recrues de 17 à 19 ans pour combler un « trou générationnel » qui menace son avenir. La direction, consciente de l’écart abyssal avec le sommet du Jupiler Pro League, réclame du temps pour que la nouvelle politique porte ses fruits.
Statistiques alarmantes et constat du CIES
Assis au bureau du SL16 Football Campus, Charles Wauters et Hicham El Alaoui ont découvert, grâce à l’Observatoire du football CIES, que le Standard utilise le moins de joueurs de moins de 21 ans depuis janvier 2026, avec seulement 3,4 % du temps de jeu total. Sur les cinq dernières années, la moyenne grimpe à 17,2 % et place le club en quatrième position du classement, mais le chiffre reste bien en dessous de celui de l’Union Saint‑Gilloise.
Les raisons du vide et la réponse du club
« Entre 18‑19 et 22‑23 ans, on a un trou générationnel », explique Charles Wauters, directeur de l’académie. Il pointe la fuite précoce de talents comme Canak, Sahabo ou Leunga Leunga, ainsi que des évaluations erronées de certains profils. Hicham El Alaoui ajoute que trop de joueurs proches de la limite d’âge n’avaient plus d’avenir au club.
Pour pallier ces départs, le Standard a choisi d’intégrer des joueurs de 17‑19 ans plutôt que de recruter en urgence, faute de moyens financiers. « Statistiquement, en Belgique, les talents émergent plus souvent vers 20‑21 ans que vers 16‑17 », rappelle El Alaoui, soulignant que le club accepte les difficultés à court terme.
Le SL16, évoluant en D1 FFA, lutte également. Avant son match d’alignement contre Mons, l’équipe comptait quatre points, dont trois obtenus contre l’Olympic, et n’avait pas marqué un seul but en six rencontres. Le maintien s’annonce plus précaire que la saison précédente.
Vincent Blouard, Vincent Euvrard et le jeune Charli Spoden ont participé à un stage à Lagos, au Portugal, le 7 janvier 2026, illustrant l’engagement du club à former ses jeunes à l’international.
Malgré les difficultés, les avis convergent : le SL16 propose du jeu, progresse et grandit. « Il faut leur laisser du temps », conclut El Alaoui, tandis que Wauters tempère les attentes, rappelant que l’objectif ultime reste d’alimenter l’équipe première.