Ben Arfa, l’anecdote qui révèle son caractère imprévisible
Yoan Cardinale, ancien gardien de Nice, a accordé à L’Équipe une interview où il dresse le portrait d’Hatem Ben Arfa, joueur dont les coéquipiers le jugeaient hors du commun, capable de susciter à la fois admiration et fous rires.
Un portrait hors du commun
Cardinale résume le sentiment collectif avec une formule forte : « On se demandait ce que Hatem Ben Arfa faisait avec nous ». Il ajoute, en riant, « Mais je vais le tuer ! », illustrant l’attitude décalée du Français.
Il se souvient de son premier match comme titulaire à Rennes le 18 octobre 2015, lorsque Claude Puel affichait l’équipe adverse sur son paperboard. Ben Arfa a alors éclaté de rire en voyant le défenseur central désigné, rétorquant : « Ils ont mis tel joueur en défense centrale ! Mais je vais le tuer ! ». Ses coéquipiers, interloqués, ont demandé la raison de son hilarité.
Interrogé sur le joueur le plus drôle qu’il ait côtoyé, l’ancien gardien a répondu : « Hatem encore. Parce qu’il est dans son monde ». Cette remarque souligne la confiance presque déconcertante de Ben Arfa, qui vivait le football à sa façon.
Le talent et la liberté sous Puel
Au-delà de son excentricité, Cardinale insiste sur le talent brut de Ben Arfa, capable de donner à ses partenaires l’impression d’évoluer à un autre niveau. Sa technique, son imagination et sa capacité à éliminer les défenseurs le rendaient difficile à comparer aux autres membres de l’effectif niçois.
Sous la direction de Claude Puel, il bénéficiait d’une grande liberté dans un système 4‑3‑1‑2, évoluant entre le rôle de meneur et celui de deuxième attaquant. Cette latitude lui a permis de retrouver toute sa liberté sur le terrain lors de la saison 2015‑2016.
Cette saison, il a inscrit un doublé lors de la victoire spectaculaire 4‑1 contre Saint‑Étienne, moment marquant de son passage à Nice. L’OGC Nice a terminé quatrième du championnat avant de perdre plusieurs cadres majeurs durant l’été.
Le départ de Ben Arfa vers le Paris Saint‑Germain a été considéré comme l’une des pertes majeures du club, contraint de repartir presque de zéro. Les souvenirs de Cardinale montrent toutefois un joueur imprévisible, sûr de ses qualités, capable de transformer la simple découverte d’une composition adverse en scène mémorable.
Ainsi, l’anecdote de Cardinale illustre à la fois le génie et l’insolence qui ont fait de Ben Arfa une figure inoubliable du football français.