Coupe du Monde
Giovanni van Bronckhorst de retour à Feyenoord : le gentleman au cœur d'acier
Giovanni van Bronckhorst reprend l'entraînement à Feyenoord aujourd'hui en tant que nouvel entraîneur‑chef réélu du club. Le quinquagénaire retrouve la tribune du De Kuip après une absence de deux ans, apportant une réputation à la fois de gentleman et de personnage capable d'actions décisives dans les coulisses.
Le style de leadership de Van Bronckhorst mêle empathie et fermeté, un équilibre mis en avant lors de son passage à Rangers FC. En 2022, après que le club écossais ait perdu la finale de l'Europa League face à l'Eintracht Francfort, il a personnellement remis à la veuve du défunt Jimmy Bell la médaille de finaliste de son mari. « Voici, » lui a-t-il dit doucement, « c’est pour vous. »
Son palmarès comprend la conduite de Feyenoord au titre de l'Eredivisie en 2017, mettant fin à une disette de 18 ans. Au cours de ses carrières de joueur et d'entraîneur, il a accumulé 21 trophées, couvrant des clubs de Capelle aan den IJssel à Barcelone et de Londres à Pékin. Ses débuts en Europe ont eu lieu à Turin en 1997 alors qu'il était encore rookie à Feyenoord.
L'ancien coéquipier et adjoint Roy Makaay décrit Van Bronckhorst comme un homme au compas moral inébranlable. « Offrir cette médaille n’était pas indispensable, mais il l’a fait quand même, » déclare Makaay. « Il est sociable, empathique, loyal — quelqu’un sur qui on peut compter. »
Le premier passage du nouvel entraîneur à Feyenoord a été caractérisé par chaleur et accessibilité. Lors d’une visite récente au club, il est apparu détendu en short et lunettes de soleil, réfléchissant aux étapes importantes de sa vie familiale — ses fils Joshua et Jake venaient d’obtenir leur diplôme — et au temps tant attendu passé avec son épouse Marieke. Pourtant, tout au long de la visite, il a orienté les conversations vers ses interlocuteurs, s’enquérant de leurs vies et de leurs préoccupations.
Karim El Ahmadi, figure centrale de l’équipe championne de 2017, se souvient que les portes s’ouvrent partout où Van Bronckhorst passe. « En tant que joueur et maintenant en tant qu’entraîneur, sa stature impose le respect, » affirme El Ahmadi. « Il est authentique, parle avec le cœur et n’a pas besoin de grands discours pour prouver sa valeur. »
Bas van Noortwijk, manager d’équipe de longue date à Feyenoord, reconnaît les perceptions publiques de Van Bronckhorst comme étant trop retenu. « Je comprends la frustration des journalistes, » dit-il. « Mais Feyenoord est un club bruyant — chaque mot peut créer le buzz. Garder les choses en interne protège les joueurs et l’environnement. »
Van Noortwijk ajoute une nuance cruciale : derrière les portes closes, Van Bronckhorst est plus direct que ne le laisse paraître son image publique. « Faites‑moi confiance : Gio peut faire tonner dans le vestiaire, » affirme‑t-il. « Il paraît aimable et doux — jusqu’à ce que des joueurs ignorent les accords ou sapent l’équipe. Alors il affirme clairement son autorité. »
El Ahmadi relie cette intensité au lien vital de Van Bronckhorst avec Feyenoord. « Si Feyenoord perd, il le ressent dans les os, » dit-il. « ‘Ne touchez pas à Feyenoord’ — c’est l’esprit qu’il dégage. »
Roy Makaay exprime sa confiance dans cette nouvelle ère. « Gio n’entre pas dans une période facile, mais si quelqu’un peut ramener Feyenoord à la gloire, c’est bien lui. »