Coupe du Monde
Les remplacements de Koeman aux Pays‑Bas en Coupe du Monde déclenchent le débat sur la tradition néerlandaise
Les trois changements de Ronald Koeman lors du match nul 2-2 contre le Japon en Coupe du Monde le 16 juin 2026 ont relancé une tradition néerlandaise : des débats enflammés sur les choix tactiques de l’équipe nationale. Koeman a sorti Crysencio Summerville et Donyell Malen en début de seconde mi-temps, les remplaçant par Teun Koopmeiners et Memphis Depay dans l’espoir de « sécuriser le ballon », comme il l’a expliqué après la rencontre. Le Japon a pris les devants, égalisant en fin de match pour arracher le nul.
Ces changements sont intervenus pendant une pause boisson à Dallas, où l’entraîneur japonais Hajime Moriyasu avait ordonné à son équipe de prendre des risques. Avec seulement trois attaquants néerlandais encore sur le terrain, les Japonais ont vu Summerville et Malen se décaler sur les ailes, tandis que Koopmeiners et Depay n’offraient pas la même vivacité. La pression japonaise a payé dans les arrêts de jeu.
Parmi les autres changements de Koeman figuraient Quinten Timber à la place de Tijjani Reijnders, Nathan Aké pour Ryan Gravenberch, et Cody Gakpo pour Brian Brobbey, aucun de ces ajustements n’ayant produit l’effet escompté. Les critiques sur sa stratégie de remplacement ont fait écho à celles adressées à ses prédécesseurs, ce à quoi il a répondu : « On peut les juger après coup, mais ce sont les choix que l’on fait. »
Les supporters néerlandais scrutent depuis longtemps les changements de l’équipe nationale. La décision de Dick Advocaat de remplacer Arjen Robben par Paul Bosvelt à l’Euro 2004 reste gravée dans les mémoires. Robben, qui n’avait joué que trois mois plus tôt, avait réagi avec une visible frustration alors que les Pays-Bas s’inclinaient 2-3 contre la République tchèque. Ce moment est devenu si emblématique dans la culture footballistique néerlandaise qu’une installation artistique satirique a été érigée au Media Park en 2024, commémorant ce remplacement avec l’inscription : « À la mémoire du changement d’Arjen Robben pour Paul Bosvelt. »
Le débat sur les changements dépasse de loin l’histoire récente. La décision de Rinus Michels de remplacer Rob Rensenbrink par René van de Kerkhof en finale de la Coupe du Monde 1974 reste controversée. Johan Neeskens a plus tard évoqué que le choix de Michels aurait pu être influencé par Johan Cruijff, bien qu’il ait reconnu l’incertitude entourant le processus décisionnel.
Les arrêts décisifs de Zion Suzuki hantent l'élimination du Japon en Coupe du Monde
Les changements de Frank de Boer à l’Euro 2021 ont également été critiqués. Alors que Matthijs de Ligt était expulsé face à la République tchèque, la longue discussion de De Boer avec ses assistants Van Nistelrooy, Stekelenburg, Lodewijks et Lodeweges, ainsi que l’entraîneur physique Wormhoudt, s’est conclue par le remplacement de Donyell Malen par Quincy Promes. Ce changement a laissé les Pays-Bas sans véritable point d’ancrage offensif, et ils se sont inclinés 0-2 peu après. Les changements tactiques de Louis van Gaal ont également marqué l’histoire. En 2014, il avait remplacé Jasper Cillessen par Tim Krul lors de la séance de tirs au but en quart de finale de la Coupe du Monde contre le Costa Rica, un choix qui a permis aux Pays-Bas de se qualifier. Les arrêts décisifs de Krul sont devenus légendaires, même s’il n’a pas joué en demi-finale contre l’Argentine. Van Gaal a répété ce schéma en 2022, introduisant Wout Weghorst contre l’Argentine au Qatar. Le doublé de Weghorst a renversé un déficit de 2-0, permettant d’obtenir un match nul 2-2. Son impact a souligné le potentiel des changements bien pensés, même si ceux de Koeman à Dallas n’ont pas eu le même résultat.Monterrey en effervescence pour la rencontre Coupe du Monde entre Pays-Bas et Maroc
Historiquement, les changements ont défini des tournois entiers. L’entrée en jeu de Mario Götze à la place de Miroslav Klose lors de la finale de la Coupe du Monde 2014 a conduit au but victorieux de Götze en prolongation contre l’Argentine. La décision de Fernando Santos de faire entrer Eder à l’Euro 2016 s’est également avérée décisive, le remplaçant marquant le but de la victoire contre la France. En finale de l’Euro 2000 entre la France et l’Italie, les deux changements de Roger Lemerre ont changé le cours du match. Sylvain Wiltord et David Trezeguet sont entrés en jeu à Rotterdam, Wiltord égalisant et Trezeguet marquant le but vainqueur. Lemerre a plus tard évoqué l’assist de Pirès pour le second but, soulignant l’influence des changements tardifs.