Zidane, le poing qui a marqué Desailly à l'OM en 1993
Le 18 septembre 1993, lors de la huitième journée de Division 1 au stade Vélodrome, le jeune Zinédine Zidane, alors 21 ans sous le maillot bordelais, frappe Marcel Desailly, défenseur de l’Olympique de Marseille, d’un crochet droit qui entraîne un carton rouge et une victoire 3‑1 des Marseillais, avant de rejoindre l’équipe de France.
Un corner qui dégénère à Marseille
Au cours du match, un corner déclenche un affrontement violent dans la surface. Marcel Desailly applique un marquage agressif et, selon ses propres mots, « Dans un OM‑Bordeaux, on est jeunes… il me met un coup de poing sur un corner parce que je l’ai chiquoté avec mon coude. »
Zidane, poussé à bout, répond d’un crochet du droit qui touche le visage de Desailly, le laissant sanglant. L’arbitre brandit immédiatement le carton rouge, réduisant les Girondins à dix hommes, et le score final s’établit à 3‑1 en faveur de l’Olympique de Marseille.
Une semaine après la rencontre, Zidane explique dans les colonnes de L’Équipe : « Le coup de coude a été la goutte qui a fait déborder le vase. J’ai vu rouge, tout simplement. » Il ajoute, soulagé après la commission de discipline, « Je craignais de prendre plus de deux matches, mais heureusement il y a eu la vidéo sur laquelle on a vu le coup de coude de Desailly. À l’arrivée, j’estime la sanction juste. »
Tout le monde garde en mémoire le coup de boule asséné à Marco Materazzi en 2006, rappelant que le même joueur a été au cœur de deux gestes violents marquants. Ces deux épisodes illustrent la part d’ombre qui a parfois traversé la brillante carrière de Zinedine Zidane.
Du rouge au respect entre les Bleus
Malgré cet accrochage, aucune rancœur ne subsiste. Les deux hommes se retrouvent rapidement en équipe de France, forment le cœur de l’âge d’or des Bleus et remportent la Coupe du monde 1998 ainsi que l’Euro 2000.
Marcel Desailly témoigne plus tard : « Il s’est un peu vengé mais on n’en a jamais reparlé. En équipe de France, j’étais prêt à mourir pour lui sur le terrain, pour le protéger et lui permettre de s’exprimer. » Il conclut en louant le talent de son ancien coéquipier : « Son toucher de balle, ses contrôles au sol, dans les airs et son utilisation du ballon étaient juste magiques. Un artiste exceptionnel à qui vous donnez le ballon et lui demandez d’inventer quelque chose. »