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Langeron affirme que le temps est crucial pour la régénération des forêts après l'incendie

🇫🇷 Par 4AllFootball ·

Les troncs carbonisés et le sol chargé de cendres sentent encore la fumée alors que les pompiers éteignent enfin l’incendie, mais la première étape pour les spécialistes est de sécuriser la zone et d’établir un diagnostic. Juliet Ordjonikidze et Julie Rausis rapportent que les experts considèrent la non‑intervention et la régénération naturelle comme la meilleure option après un feu de forêt.

Une fois le site sécurisé, les arbres gravement endommagés sont abattus et les sols sont stabilisés afin de prévenir l’érosion. Cette mesure immédiate prépare le paysage pour la prochaine phase de récupération.

La phase d’observation qui suit se concentre sur deux questions centrales : la forêt peut‑elle se régénérer d’elle-même, et quelles espèces ont survécu à la chaleur ? Les chercheurs surveillent l’émergence des semis et la composition des espèces pendant cette période.

La régénération naturelle repose souvent sur la libération de graines déclenchée par la chaleur ; certains cônes de pin s’ouvrent sous l’effet du feu, dispersant des graines qui donnent naissance à une nouvelle génération d’arbres. Cette germination spontanée montre la résilience des espèces adaptées au feu.

Si la récupération naturelle s’avère insuffisante, la reforestation devient une option, mais les experts mettent en garde contre la précipitation du processus. Luc Langeron, de l’organisation française Entente Valabre, souligne que planter trop tôt peut nuire à la santé à long terme.

Langeron a déclaré à RTS : « Il est important de fournir des ressources à la forêt, mais il faut lui laisser trois ou quatre ans pour se régénérer. Il faut également identifier les zones où elle rencontrera davantage de difficultés. » Il insiste sur un calendrier mesuré avant toute plantation assistée par l’homme.

Lorsque le replantage a lieu, la diversité doit être une priorité, en utilisant des espèces qui tolèrent la chaleur et le risque futur d’incendie. Cette approche vise à construire un mosaïque forestière plus résiliente.

Un exemple encourageant provient du feu de 2017 en Provence, où la faune est revenue dans la zone brûlée en deux ans, illustrant la capacité des écosystèmes à rebondir lorsqu’on leur accorde du temps.

Les experts mettent également en garde contre les monocultures comme la Forêt Landaise dans le sud‑ouest de la France, la plus grande forêt de pins plantée du continent, car les peuplements denses à espèce unique sont particulièrement vulnérables aux flammes.

L’écologiste du feu Bérangère Leys, du Centre national de la recherche scientifique français, explique : « Les monocultures permettent au feu de se propager rapidement en raison de la proximité des troncs. Une forêt n’est pas une plantation ; elle a besoin de temps pour restaurer son sol et ses fonctions naturelles. » Elle ajoute que le feu est un élément naturel dans tous les écosystèmes, de la toundra au désert, et que seuls les intervalles et l’intensité ont changé.

Leys conclut qu’après un incendie, les espèces reviennent naturellement et se réinstallent, à condition que l’écosystème dispose du temps nécessaire pour guérir.

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